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2024-06-15 Frédéric Bouchard

Sexe et confidences : entretien avec Lyne Charlebois

Pour Dis-moi pourquoi ces choses sont si belles, son deuxième long métrage en 16 ans, Lyne Charlebois s’est inspirée de la correspondance entre le Frère Marie-Victorin et Marcelle Gauvreau.

En salle le 21 juin, le film retrace la relation amoureuse, chaste et épistolaire, qu’ont vécu le religieux botaniste, auteur de la célèbre Flore laurentienne, et sa jeune protégée. En parallèle, le film raconte l’histoire d’Antoine et Roxane, appelés à jouer les deux personnages pour le cinéma. Seulement, la liaison qu’ils ont eue antérieurement vient infléchir l’esprit du tournage …

Entrevue avec celle qui a été la première femme à remporter le Jutra de la meilleure réalisation en 2008.

Cela fait maintenant 16 ans depuis Borderline. Comment c’était de retrouver le cinéma ?

Ah ! C’était une grande joie. J’ai fait des dépôts aux institutions entre-temps, mais ça n’a pas été concluant. Que j’étais heureuse après ce “oui”. Faire un film est un privilège. C’est comme gagner un prix.

Qu’est-ce qui vous a mené vers le Frère Marie-Victorin et Marcelle Gauvreau ?

Roger Frappier, le producteur. J’avais déjà entendu parler des lettres de Marie-Victorin à Marcelle Gauvreau. Lorsque je les ai lues, je n’en revenais pas de cet incroyable avant-gardisme des années 1930, surtout de la part de religieux. La religion éteignait [à l’époque] tout ce qui était de l’ordre du sexe. [...] Je voulais rendre hommage à l’amour de Marie-Victorin et de Marcelle Gauvreau. Et je voulais inventer le moins possible.

Dans le film, vous accordez la même importance aux mots de Marie-Victorin et Marcelle qu’aux images.

Sinon, ce ne serait pas un de mes films. C’est mon langage, je viens de la photographie. Je ne peux pas m’empêcher d’être poétique. Dans mon traitement, la Flore laurentienne avait un rôle, au même titre que les comédiens. Et le film est une ode à la beauté. La peintre Georgia O’Keeffe a dit : “pour voir il faut prendre son temps”. C’était important qu’il y ait des moments de contemplation.

Pourquoi ce dispositif narratif de la mise en abyme ?

Je ne voulais pas que le film soit stigmatisé par la religion. J’aimais que les personnages soient toujours dans leurs costumes d’époque ou dans le décor d’époque. Ils sont toujours liés aux personnages de Marie-Victorin et Marcelle, ils se transforment, ils deviennent l’un et l’autre. La transition était organique. Et je souhaitais effectuer un parallèle avec maintenant.

Qu’est-ce que ces personnages ont à nous dire par rapport aux relations amoureuses d’aujourd’hui ?

Tout va vite aujourd’hui. On s’écrit et on se quitte par texto. Roxane, elle, se rend compte que son amour pour Antoine est plutôt une attirance sexuelle. Nous sommes en 2024 et quand on parle de sexe, les gens deviennent mal à l’aise. Au-delà d’aborder le cunnilingus, le film parle aussi d’intimité.

Qu’est-ce qui a motivé vos choix d’Alexandre Goyette et Mylène Mackay dans les rôles principaux ?

Mylène avait joué Marcelle Gauvreau dans Les fleurs oubliées d’André Forcier, alors je n’étais pas sûre de vouloir la revoir dans le rôle. Mais elle m’a envoyé sa démo et elle était extraordinaire. Dans le cas d’Alexandre, ça a été plus long. Je n’avais pas pensé à lui, car il était trop jeune. Je cherchais un comédien dans la cinquantaine. Quelqu’un nous l’a suggéré, on l’a fait venir en audition et c’était lui.

Finalement, Marcelle et Marie-Victorin étaient féministes malgré eux.

Bien sûr ! Et quand le Frère Marie-Victorin est mort, Marcelle a été sacrément mise à l’écart. Elle est morte triste et frustrée par un système foncièrement patriarcal. Lui voulait la faire briller. Et Marcelle vivait dans une famille avant-gardiste. Son père habitait Rimouski, il a perdu un bras dans un accident de voiture et est venu à Montréal avec les siens où il a été vice-président de la Société Saint-Jean-Baptiste.

Crédit Photo : Anna Lupien

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